Les oiseaux de nos jardins sont-ils devenus invisibles ?

Extrait du feuillet de la régionale natagora Marquisat de Franchimont 2

 

Explications d’Antoine Derouaux, ornithologue chez Natagora
Depuis plusieurs semaines, Natagora reçoit de nombreux commentaires de personnes qui signalent l’absence d’oiseaux dans les jardins. Ce constat semble se généraliser à l’ensemble de la Wallonie mais aussi à Bruxelles et à la Flandre. Où sont passé ces oiseaux et pourquoi y en a-t-il si peu cet automne ? Difficile de donner la cause exacte mais les ornithologues ont leur petite idée. Des hypothèses qui seront étayées par le week-end de comptage des oiseaux début février.
La première hypothèse est que les oiseaux se cantonnent aux forêts et aux haies qui regorgent de nourriture cet automne. Les hêtres ont produit cette année une grande quantité de faînes dont les oiseaux forestiers (mésanges, pinsons, grosbecs…) sont friands. S’il y a beaucoup de nourriture en forêt, les oiseaux visitent moins les jardins où les risques sont plus élevés (griffes des chats, collisions contre les vitres…). Les aubépines sont aussi bien chargées en baies, ce qui fait le bonheur des merles et des grives mais aussi des oiseaux granivores qui en mangent les pépins.
La faible présence d’oiseaux peut également s’expliquer par la reproduction qui a été très mauvaise au printemps 2016 pour certains passereaux communs, particulièrement chez les mésanges. « De nombreuses nidifications ont échoué à cause des conditions météorologiques froides et humides du printemps. Même les secondes nichées semblent avoir souffert également. Il y a donc moins d’oiseaux chez nous car il y a peu de jeunes. » Cette hypothèse est encore à confirmer par les ornithologues qui font des suivis réguliers de nichoirs.
Enfin, les oiseaux nordiques qui hivernent chez nous (tarins, pinsons des arbres et du nord, verdiers) ne semblent pas encore arrivés. Comme il n’y a pas encore eu de véritable vague de froid, la nourriture est probablement encore abondante sur les sites de nidification.
Faut-il s’inquiéter de ce phénomène ?
La mauvaise reproduction pourrait entraîner des baisses de populations de certaines espèces déjà malmenées par la diminution de leurs habitats. Mais généralement les espèces communes peuvent redresser leurs populations assez rapidement si les conditions sont bonnes et que la production de jeunes est élevée les années suivantes. L’impact sur les populations d’oiseaux nicheurs pourra être mesuré au printemps prochain grâce aux programmes de suivi des oiseaux communs menés par Natagora depuis 1990 en Wallonie et à Bruxelles.
Nous en saurons plus le premier week-end de février
Actuellement, il n'y a pas encore de données chiffrées disponibles pour pouvoir comparer les différentes années. L’opération "Devine Qui vient manger au jardin", qui a lieu chaque hiver depuis 2004, permettra d’obtenir des résultats dans plusieurs milliers de jardins répartis partout en Wallonie et à Bruxelles. Natagora vous invite donc à compter les oiseaux chez vous les 4 et 5 février, et à renseigner vos observations sur le site de l'association : www.natagora.be/oiseaux. Même, voire... surtout si vous n'avez pas d'oiseaux chez vous.

Préparez-vous au recensement des oiseaux de jardin du 04 février au 05 février 2017

Chaque année depuis 2004, Aves, le pôle ornithologique de Natagora, organise le recensement des oiseaux de jardin. 
Grâce aux observations fournies par les dizaines de milliers de participants, des informations fort intéressantes sur les changements qui affectent ces populations d'oiseaux peuvent être mises en évidence. 
Pour vous, c'est une occasion unique d'apprendre à reconnaître les oiseaux qui visitent vos jardins mais aussi d'en savoir plus sur leur mode de vie. Infos : www.natagora.be/oiseaux

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